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La chapelle Saint-Guénolé

lundi 20 avril 2020

La chapelle Saint-Guénolé, en ruine, se situe au bord de la Penfeld, en contrebas de Quizac, à Bellevue. On y accède par les rives aménagées de la rivière. On la découvre après avoir dépassé la passerelle des pupilles.
La voie romaine reliant Landerneau à la pointe saint-Mathieu traversait la Penfeld non loin du lieu de l’édifice.
Celui-ci a été construit au-dessus d’un petit ruisseau qui la traverse et se déverse dans une vasque accolée à la chapelle. L’eau s’écoule ensuite dans une mare en bordure du sentier qui longe la Penfeld.

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On prêtait à l’eau de la fontaine des vertus thérapeutiques : on y soignait les verrues et les maux aux yeux.
Cette fontaine de dévotion donne à penser que la chapelle a été construite sur l’emplacement d’un lieu de culte préchrétien.

Saint-Guénolé est un saint phallique venant en aide aux femmes désespérées par la stérilité.
A Brest, en 1794, Jacques Cambry ⃰ parle d’une pratique curieuse :
« C’est au fond de cette rivière qu’existait le fameux St Guignolet [Guénolé], et cette cheville éternelle si favorable à la fécondité. Puisque la religion catholique a fait des saints de tous les dieux du paganisme, Priape pouvait-il être oublié ? Le bois de cette cheville râpée était avalé par les femmes infécondes. Elles concevaient au bout de quelques tems [sic]. Les méchans [sic] prétendaient que les moines voisins aidaient beaucoup à ce miracle. »
La cheville miraculeuse est, bien sûr, le sexe de bois de saint-Guénolé, cheville que l’on remplaçait lorsqu’il n’en restait plus rien.

On situe la construction de la chapelle à la fin du Moyen Âge, même si nous n’en connaissons pas la date. Fermée en 1740 à cause des pratiques jugées honteuses dont elle était le lieu, elle commence à se dégrader dès cette époque.
Une gravure de G. Toscer, dans le Finistère pittoresque, montre qu’il y a deux pignons à l’édifice.
Dans les années 1970, la chapelle subit des destructions importantes.

⃰ *Jacques Cambry : écrivain breton et français, fondateur de l’académie celtique est né à Lorient en 1749 et décédé à Cachan en 1807.

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Source : Wikipédia.
(Cette gravure illustre l’article. On y trouve aussi des photos du ruisseau, de la vasque.)

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